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Les produits "anti-cholestérol", parlons-en !

D'après l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), aucune étude scientifique ne valide le réel bénéfice des produits dits "anti-cholestérol" comme les yaourts et les margarines.

L'ANSES a publié ces conclusions dans son rapport :

· Les produits concernés n’auraient aucun effet sur le « mauvais » cholestérol pour près d’un tiers des consommateurs !

Bien que la baisse du LDL-cholestérol n’ait aucun intérêt en soi si elle n’a pas pour effet de diminuer le risque cardiovasculaire, il était nécessaire de vérifier au minimum si l’impact de ces produits est à la hauteur des promesses qui s’étalent en grand sur les emballages. Or, l’ANSES a constaté que pour 30% des consommateurs en moyenne, ces produits ne font pas baisser le taux de cholestérol. Alors que les emballages ne portent aucune réserve quant à cette absence d’effet, c’est donc près d’un consommateur sur trois qui est trompé sur l’action réelle des produits ! Est-ce l'impact d'une alimentation équilibrée par ailleurs qui donne de réel résultat ?

· Les produits concernés n’auraient aucun effet démontré vis-à-vis des maladies cardiovasculaires.

Mais au-delà du LDL-cholestérol, le seul véritable moyen de mesurer l’efficacité de ces ‘alicaments’ devrait porter sur la diminution du risque cardio vasculaire. Or, 14 ans après leur mise sur le marché, il n’existe toujours aucune preuve scientifique en ce sens, à tel point que l’Agence juge que ces produits ne sont pas « un moyen approprié de prévention des maladies cardiovasculaires » et va jusqu’à remettre en cause l’allégation accordée précédemment par les autorités européennes.

· Les produits concernés comporteraient même des risques potentiels non évalués !

Plus grave, alors que certaines études indiquent que des risques éventuels pourraient être associés à la consommation de ces produits (tels que l’augmentation dans le sang du taux de phytostérols ou la baisse du bétacarotène qui paradoxalement pourraient accroitre le risque cardiovasculaire), les experts n’ont pas été en mesure de confirmer ou d’infirmer ces risques du fait de l’insuffisance de littérature scientifique sur ces sujets. Alors que les consommateurs français ingurgitent chaque année plus de 7.000 tonnes de ces produits, il est inadmissible que subsistent des doutes sur l’innocuité de produits vendus au rayon frais au milieu d’anodins yaourts ou margarines.

En définitive, les personnes présentant un facteur risque cardiovasculaire doivent consulter un professionnel de santé, plutôt que de s’en remettre à l’industrie agro-alimentaire.